BIODIVERS : ENVIRONNEMENT, BIOBIODIVERS : ENVIRONNEMENT, BIO

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Les abeilles meurent par milliardsLes abeilles meurent par milliards

Le Syndicat d'Apiculture du Rhône a signalé 49% de pertes hivernales. Selon le Syndicat, les abeilles qui ont récolté du pollen dans des zones céréalières et d'arboriculture, traitées avec des pesticides connaissent la plus forte mortalité. Partout en France, le constat est le même. Les abeilles sont en train de disparaître. Selon Denis Sapene, apiculteur, chaque année, environ 30% de ruches "meurent complètement ou ne sont plus en état de produire".

Cette mortalité inquiète d'autant plus la communauté scientifique que la pollinisation des abeilles assure 35% de la nourriture de l'humanité. Leur disparition pourrait donc mettre gravement en danger notre sécurité alimentaire. Après les émeutes de la faim dans le monde.

"Nous aurons encore du blé, des pommes de terre, du maïs ou du riz... Mais la diversité de notre alimentation sera profondément modifiée, puisqu'une majorité de fruits et de légumes (cerises, abricots, melon, tomates, aubergines...) dépend essentiellement des abeilles", confirme Bernard Vaissière, spécialistes des abeilles à l'INRA.

Chacun peut lutter à son niveau pour éviter cette dégradation de la biodiversité. Si vous avez un jardin, une terrasse ou même un petit balcon, offrez aux abeilles un pied de romarin ou du thym, sans y ajouter de produits chimiques. Ces semences pourraient faire germer un refuge pour les petites pollinisatrices.

Fin du pétrole : il n'y a aucun plan BFin du pétrole : il n'y a aucun plan B

On l'entend à la radio, à la télé et on le déplore le dimanche en famille : le prix du carburant à la pompe est de plus en plus cher. Mais c'est désormais classiquement que l'on entend dire à l'énoncé de la déplétion pétrolière : "Ils vont bien trouver quelque chose : la voiture électrique, les biocarburants, l'hydrogène, les énergies renouvelables.". Ce "Ils" indéterminé qui aurait tout prévu, qui peut-il bien représenter ?

Les pouvoirs publics, les compagnies pétrolières, les spéculateurs... Le petit consommateur, vous et moi ? En un mot tous ceux qui profitent de l'afflux presque magique d'une énergie fossile qui semblait jusqu'à maintenant inépuisable ? La vérité c'est que tout ce joli monde n'a rien prévu, et continue de louer en choeur la loi du marché, et de blâmer les Chinois, la spéculation ou des escarmouches dans un détroit.

Enfilons les perles

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager quelques perles à ce sujet :

- Steves Forbes en 2005 : "Le reste n'est que pure bulle spéculative... Je ne mâcherai pas mes mots: à peu près tous les fonds d'arbitrage ont spéculé sur les contrats à terme pétroliers. Je ferais donc une prévision audacieuse... dans douze mois, le pétrole aura baissé à 35-40 dollars.". Où l'on blâme la spéculation. ;

- "Le pétrole rare ? Une plaisanterie." 99 % des commentaires du même tonneau sous des articles de 2005 prévoyant un pétrole cher. Voilà pour le consommateur, mais il a sûrement changé d'avis aujourd'hui. ;

- "M. Al-Sabah [président de l'OPEP] a argué que le monde a enregistré l'an dernier un de ses meilleurs taux de croissance depuis 30 ans, à 5,1%, alors que le baril évoluait autour de 50 dollars. Cette année, la croissance devrait demeurer très robuste à 4,1%, a-t-il noté: "donc je crois que l'économie mondiale peut supporter un niveau dans les 50 et en-deçà", a-t-il dit. "Je ne crois pas qu'il puisse atteindre 60". C'était en novembre 2005. En 2008, nous en sommes à 135 dollars.
Dans la série : faut-il faire confiance aux déclarations publiques des pays producteurs, nous avons là notre réponse.

Les dernières estimations de l'AIE faisaient état d'une production de pétrole avoisinant les 116 millions de barils par jour en 2030. Or, selon le Wall Street Journal, l'AIE doute désormais de la possibilité d'une production supérieure à 100 millions de barils par jour dans les deux prochaines décennies, du fait de l'âge des champs et la diminution des investissements. Une perspective guère réjouissante sur le long terme, d'autant que la Russie l'un des premiers exportateurs de pétrole au monde avec l'Arabie Saoudite voit sa production décliner depuis 4 mois. En bref, c'est la fin du monde tel que nous le connaissons.

- William Ramsay, directeur exécutif adjoint de l'Agence Internationale de l'Énergie a déclaré : "Le débat sur le Peak Oil (la décrue attendue de la production de pétrole du fait de l'épuisement rapide des réserves) est de nature à distraire les responsables politiques des questions centrales et peut les conduire à prendre des décisions qui ne seraient pas raisonnables aujourd'hui en termes économiques."
Voilà pour les politiques. Mais qu'est-ce qui peut bien être plus central que la question du pétrole, au coeur de toutes nos vies ?

Si le baril de pétrole est passé de 50 dollars à bientôt 140 dollars en ligne droite, c'est un peu la faute de la spéculation, un peu la faute d'événements conjoncturels (conflits, météo défavorable au transport), un peu la faute à la forte demande chinoise, et beaucoup la faute au pic de pétrole.
Les réserves terrestres sont épuisables : est-ce si difficile de revenir à cette réalité ? Et comme nous n'irons pas chercher de pétrole ou de gaz sur d'autres planètes, revenons sur Terre, pour penser à la transition. Mais à cause de l'imprévoyance de ceux qui nous gouvernent, c'est peut être déjà trop tard.

"Ils" vont bien trouver quelque chose

Revenons à nos moutons. Pendant ce temps là, la R&D s'active messieurs dames. La voiture électrique semble de prime abord une bonne solution, pour qui ne veut en rien bouleverser ses habitudes. Mais les centrales nucléaires seront-elles capables de soutenir une explosion de la demande en cas de renouvellement massif du parc automobile (transfert d'une énergie à une autre) ? Nous ne sommes pas prêts. Selon les théoriciens du peak oil (pic pétrolier) nous aurons d'abord des hausses brutales du cours du baril, ensuite des pénuries à la pompe, et puis plus rien pour le consommateur. L'Etat et les forces militaires profitant des réserves et des dernières gouttes.

Autre alternative, le biodiesel (ou plutôt agrofioule) est en compétition avec ce qu'on met dans nos assiettes... Et partiellement responsable des émeutes de la faim et de la flambée des prix des céréales : tout ce qu'on met dans un réservoir fait crever de faims les plus démunis. A moins de passer à des productions non concurrentes avec l'alimentation, comme le Jatropha, mais il faudrait une grande volonté des pouvoirs publics et les surfaces agricoles ne sont pas infinies.

Quant aux pompes à hydrogène, elles sont en train de se casser la figure en Californie : l'hydrogène n'existe pas à l'état brut et pour en produire il faut... du pétrole.

Les énergies renouvelables pour finir, ne représentent que 1% de la production mondiale d'énergie.

"Ils" n'ont rien prévu.

Dans ce début de panique, il est tentant de chercher les boucs émissaires et de lancer diverses chasses aux sorcières. C'est le cas des pêcheurs et des routiers, qui s'en prennent au gouvernement, alors qu'ils bénéficient déjà de carburant détaxé. Les pouvoirs publics sont coupables d'imprévoyance, pas de faire crouler ces professions sous les charges.

Claude Allègre, qui fait partie de ces élites brillantes, déclarait ainsi : "Vouloir s'opposer à la croissance et au progrès technologique, c'est engager la France dans le déclin et la déterioration du niveau de vie des Français."
Ce à quoi Biodivers peut lui rétorquer : "Ne pas avoir prévu de plan B, c'est appuyer encore plus fort sur le champignon avec un mur en face de nous".

Les effets dévastateurs du pic pétrolierLes effets dévastateurs du pic pétrolier

Selon le New York Times les prix du pétrole pourraient avoir des effets dévastateurs sur des filières économiques de poids de notre société de consommation : le transport aérien et l'automobile principalement, mais de manière générale toutes les entreprises pétro-dépendantes directement ou indirectement. C'est à dire que tous les secteurs économiques sont touchés, du transport à l'alimentation (engrais et production pétro-dépendantes).

Après les grèves des routiers français, puis celle des pêcheurs, les plus grosses industries de notre pays peuvent-elles être atteintes à leur tour ? Il vaut mieux se poser la question à l'heure où l'on annonce la création de 500 emplois en Lorraine par PSA, pour construire un nouveau moteur supposé "propre". "Plus propre" serait approprié. Un moteur ne sera jamais assez propre comparé à un vélo. Qui sera chargé de sonner le glas de cette industrie dans cette région déjà dûrement touchée par la fin du charbon, puis par la fin de la sidérurgie ? Certainement pas ceux qui subventionnent aujourd'hui le lobby automobile.

Il faut pourtant s'y faire, nous sommes entrés dans une ère de pétrole cher. Certains analystes avancent la date de 2015 pour le pic de pétrole, c'est le cas de Total. Des analystes indépendants comme Jancovici pensent que nous y sommes déjà. Avec ironie parfois, à force de ne pas être écouté : "Demandez à un cadre dirigeant du monde pétrolier dans combien de temps les 2 milliards d'indiens et de chinois vivront comme un français actuel. Avant toute réponse, vous obtiendrez un grand éclat de rire."

Quand le consommateur occidental ne pourra plus faire le plein, et ce pourrait être beaucoup plus tôt qu'on ne le pense, la mutation énergétique de notre société pourrait ne pas être assez avancée. Et les conflits sociaux intérieurs, la guerre à l'extérieur constituent un risque majeur de fuite en avant, pour rattraper le train de vie qui glisse entre nos mains.


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