Trop chers, trop corrosifs et incompatibles avec 3 millions de moteurs, les agrocarburants sont mis de côté par l'Allemagne. En tout cas jusqu'à l'émergence de la deuxième génération, qui ne sera pas disponible avant plusieurs années.

Le Ministère de l'Environnement a fixé un plan ambitieux d'une baisse de 40% des émissions de CO2, entre 1990 et 2020. L'objectif de 40% de réduction des émissions reste tenable si la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité passe à 30% d'ici 2020, et non plus à 27,5%, a annoncé Sigmar Gabriel, ministre de l'Environnement allemand.

Bonne ou mauvaise nouvelle ?

La production d'agrocarburants concurrence les cultures à destination alimentaire, et leur bilan énergétique est loin d'être neutre en raison de l'utilisation des pesticides sur les cultures et de l'appauvrissement des sols.
Christian Hey, secrétaire général du Bureau fédéral pour l'Environnement (UBA) explique que "les biocarburants représentent un danger pour la biodiversité, ils imposent une pression massive sur la forêt tropicale et détruisent les capteurs naturels de gaz à effet de serre contenus dans les sols non cultivés".

Les agrocarburants étaient censés aider l'industrie automobile allemande, spécialiste des grosses berlines gourmandes en carburant et plus polluantes que les petites voitures, à satisfaire à l'objectif fixé par la Commission européenne de 120 grammes de CO2 émis par kilomètre. Les carburants soi-disant "verts" ne sont pas la solution miracle au réchauffement climatique, et les constructeurs devront désormais trouver "d'autres mesures techniques" pour y parvenir, selon le ministre. Un effort d'innovation qui devra impérativement être tourné vers des solutions plus adaptées, en particulier à l'heure de la flambée des prix alimentaires.

L'Autriche pourrait prendre prochainement le même chemin.